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Faut-il tout faire pour que le client trouve ses solutions tout seul ?

Ras-le-bol d’entendre cet idéal intenable du métier de coach

Ras-le-bol d’entendre cet idéal intenable du métier de coach : « tout faire pour que le client trouve ses solutions tout seul ».


C’est de l’hypocrisie, ou de la naïveté, ou du dogmatisme. Et ça ne marche pas.


Un coach n’est pas incolore, inodore et sans saveur. Il a toujours une influence sur la solution qui émerge de son accompagnement.


Il n’existe pas de répertoire de solutions standard, dont le coach aiderait juste son client à trouver la clé.


Le travail mené avec un coach A n’arrive pas aux mêmes conclusions qu’avec un coach B. C’est humain.


Et face à un client dans le dur qui a longtemps hésité à solliciter un coach, il est cruel de persister dans les questions ouvertes, sans rien tenter d’autre.


Oui, le client détient en lui tout ou partie de la solution. Mais s’il est là, c’est qu’il n’arrive pas à exploiter ce potentiel. Ou pire, qu’il l’utilise à l’envers, contre lui.


Ou encore, il a mal posé les choses. Exemple : ce qu’il décrit comme son problème est en réalité un symptôme. Il risque alors le désespoir, l’impuissance ou l’autodévalorisation.


En supervision, certains coachs me disent qu’ils passent leur vie à s’interdire de donner un conseil ou un point de vue. Même s’ils ont 10 ans de métier ou plus !


Je pousse le bouchon, mais c’est comme si le meilleur footballeur d’une équipe refusait de tirer le pénalty décisif, au nom de son expérience.


Remettons l’église au milieu du village : le coach ne doit pas se demander s’il intervient dans le processus ou pas, mais quand et comment il intervient.


Gérer le « quand », c’est définir le tempo de l’ensemble de l’accompagnement et de chacune des séances.


Déterminer quand le silence est productif ou stérile, quand le client a besoin de digérer quelque chose ou d’avancer, quand il est en résistance ou dans la coopération…


Gérer le « comment », c’est proposer d’autres options de travail que les seules questions ouvertes. Exemples :


  • veux-tu mon éclairage sur ce que tu viens de me dire ?
  • veux-tu mon témoignage sur ce type de situation ?
  • as-tu envie de faire un exercice ?
  • veux-tu que je décrypte ce que tu vis à travers un cadre de référence : PNL, Process Com, etc ?


Le coach se sert de toutes les cartes qu’il a dans son jeu. Moyennant une condition essentielle : il contractualise avec son client chaque étape du processus.


Il lui rend compte de ce qu’il fait et de pourquoi il le fait, avec de vrais contrats qu’il est possible de refuser.


Et pas avec du contrat « parental » auquel on ne peut dire non : « ça te va si on fait un exercice, je pense à un truc super ? ».


Enfin, rappelons que le client qui repart du cabinet est seul responsable de la suite, de ce qu’il va mettre en place. Il aura le temps d’expérimenter la liberté.


En séance, le coach doit donner le meilleur de lui-même, via des contrats successifs. Pas s’égarer dans le fantasme d’une impossible neutralité.



Jérôme Curnier


dans Billets
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