Accompagner le travail de deuil en coaching (4/5)

Un article de Jérôme Curnier


Introduction

Nous avons vu au cours des trois derniers épisodes les éléments et étapes clés du processus de deuil.

L'objet de cet épisode est de récapituler les points saillants du rôle du coach dans ce processus

Le rôle du coach dans le processus : le guide réconfortant

L’accompagnant veillera à :

- Être présent auprès de son client/patient.
- Faire prendre conscience à la personne de la finitude des choses, que le changement existe.
- Permettre à la personne de traverser son deuil en exprimant ses émotions, son ressenti.
- Vérifier qu’elle ne saute pas une étape (même si le processus n'est pas linéaire, il importe de prévenir la tentation de l'escamotage d'une étape).
- Expliciter que dans ce qui s’achève, il y a les germes d’un renouvellement.
- Proposer des rituels de deuil.
 

Les permissions utiles à proposer au client sont les suivantes :

- Il est permis d’être ici avec ce que vous ressentez (colère, sentiment d’être perdu, abandonné, désemparé).
- Il est permis de repasser par toutes les étapes précédentes avec le doute, la peur, la colère, le marchandage, la tristesse.
- Il est permis d’écrire une suite à son histoire, de se projeter dans le futur.
 

Pour accompagner le deuil, le coach doit être en mesure de savoir :

- Évaluer si ce que la personne a vécu est bloquant et en quoi.
- Sentir, identifier et exprimer chacun des sentiments et émotions propres de l’humain.
- Stimuler la personne à exprimer ce qu’elle ressent sans confusion, ni sauvetage.
 

Pour débloquer les processus de deuil dans le champ de l’entreprise (aussi bien en individuel qu’en collectif), il suffit souvent de :

- Présenter les processus de deuil. L’apport de Delivré est exemplaire en la matière.
- Donner la permission aux personnes d’exprimer leurs ressentis.
- Être à côté des personnes concernées (présence bienveillante).
 

Dans le champ de la thérapie, nous pouvons signaler que :

- Tant que l’émotionnel n’est pas libéré, il reste un lien de souffrance. Il convient alors de symboliser ce lien après avoir fait exprimer l’émotion, de le couper symboliquement en mettant en en place des rituels comme celui d’écrire une lettre à un défunt, à un patron parti, de la garder un certain temps puis de la brûler par exemple. L’intérêt et la fonction de ces rituels est de permettre à la personne de se désidentifier du lien de souffrance.

- Traverser les émotions, c’est de l’alchimie : on ne les chasse pas, on ne les refoule pas, on les transmute (transformation de l’émotion par l’action, par le corps, non pas par les seules pensées et mentalisations).

- Lorsqu’il y a un conflit de loyauté (engagement que l’on ne peut pas rompre), il y a un travail à faire avec le patient en lui faisant dire au revoir à la personne avec laquelle elle a un lien de loyauté et lui faire accepter simultanément que la personne lui dise au revoir. Pour autant, si les deux personnes ne se laissent pas partir l’une l’autre, il n’y a pas de liberté pleinement retrouvée.

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Dans la suite de l’article, nous aborderons dans le dernier épisode de cette série sur l'accompagnement du deuil en coaching l'approche que je propose au sein de l'institut maïeutis que j'ai fondé en 2007.

Jérôme Curnier.

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Références bibliographiques

- Le métier de coach, F Delivré, Edition d’organisation
- Le déclic, Marie-Lise Labonté, Les Editions de l’Homme
- La mort intime, Marie de Hennezel, RobvertLaffond
- Petits deuil en entreprise, Jacques Antoine Malarewicz, Editions
- Un merveilleux malheur, Boris Cyrulnik, Odile Jacob
- Accueillir la mort, Elisabeth Kübler Ross, Pocket
- La mort, dernière étape de la croissance, Elisabeth Kübler Ross, Pocket
- Leçons de vie, Elisabeth Kübler Ross, Pocket
- Il n’y a ni mort ni peur, ThichNhatHanh
- Découvrir un sens à sa vie, Viktor Frankl, Les Editions de l’Homme
- Nos raisons de vivre, Viktor Frankl, InterEditions
- La guérison dessouvenirs, Dennis et Matthew Linn, DDB
- Le syndrôme du gisant, Salomon Sellam, Bérangel
- Coaching global, Jérôme Curnier, Afnor


Accompagner le travail de deuil en coaching (3/5)