- Publié le 16 janvier 2019

Histoires de croyances épisode 1

De quoi parlons-nous lorsque l’on utilise le mot « Croyance » ?

Introduction

Les professionnels de l’accompagnement, qu’il s’agissent des psychothérapeutes ou des coachs, invoquent assez fréquemment le terme de « croyance » à propos de leurs patients ou clients lorsque ceux-ci rencontrent des difficultés à évoluer ou à dépasser un obstacle existentiel.

Ce terme me paraît à la fois galvaudé et simultanément riche d’une profondeur insoupçonnée. Le but de cet article est de proposer quelques points de repère sur cette notion.

La croyance comme processus qui va à l’encontre du doute

Comme le sens commun tend à dire qu’une croyance est une affirmation qui ne peut être vérifiée, il est alors normal de considérer que les croyances vont particulièrement être associées à ce qui relève du domaine religieux et du spirituel. Mais il serait réducteur d’en rester là. Nos goûts, nos comportements, nos choix, sont régis par des croyances d’autres catégories et touchent d’autres aspects de notre vie intérieure.

À bien y regarder, une croyance est le résultat de l’action de croire qui inclut quatre aspects bien distincts qui la rendent si puissante, à savoir :

  • une certitude qui tient lieu de vérité, donc difficile à remettre en cause ;
  • une confiance totale (donc une adhésion de « cœur ») dans ce qui est cru, notamment en vertu d’une expérience mais aussi des référents qui nous ont amenés à adhérer à cette croyance ;
  • une fidélité qui nous engage dans la relation à quelque chose ou à quelqu'un qui nous définit ;
  • une stabilité face aux aléas de l’existence.

La croyance relève par définition d’un processus qui va à l’encontre du doute et, fréquemment, de la réflexion cognitive. La croyance exige le plus souvent une soumission de la volonté et de la pensée et engage tout l’être dans ces différentes dimensions cognitive, émotionnelle, comportementale, voire spirituelle.

Quelques histoires de croyances pour en comprendre la portée

Voici quelques histoires humoristiques qui mettent en lumière les différentes caractéristiques que nous venons de souligner concernant les croyances et la nécessité pour nous de les maintenir par souci de cohérence et de stabilité intrapsychique…

Le cadavre qui saigne  !

Un homme dans un hôpital psychiatrique est persuadé qu’il est mort et ne vit ni sur terre ni au ciel. Son thérapeute, cherchant à lui faire retrouver raison, lui pose la question de savoir si les cadavres sont susceptibles de saigner. Son patient lui répond de façon immédiate, en lui expliquant que comme les fonctions vitales sont interrompues, il ne pouvait en être ainsi.

Trouvant là la brèche dans laquelle s’engouffrer, le psychiatre propose donc à son patient de lui couper légèrement le doigt pour en avoir le cœur net. Après l’avoir piqué avec une aiguille, le patient voit poindre au bout de son doigt une perle rouge de sang. Et lui de reprendre immédiatement : « moi qui étais persuadé que les cadavres ne saignaient pas ! Maintenant je sais que les morts peuvent saigner ! »

Autrement dit, une habitude fréquente de notre cerveau est de corriger la « dissonance cognitive  » pour maintenir la stabilité et la cohérence interne de notre compréhension du réel. Ce qui nous amène à dire que « nous ne croyons pas ce qui est vrai mais nous disons que c’est vrai parce que nous le croyons. »

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Le grand père dans la prise de courant

Un jeune père de famille explique à Paul, son tout jeune garçon de 18 ou 20 mois, en lui montrant la prise de courant qu’il ne faut pas mettre les doigts dedans. Sinon il lui donnerait une fessée. La notion de fessée n’est pas claire du tout pour Paul mais il comprend aux sourcils froncés de son père que cela n’a pas l’air agréable ! Néanmoins, sa curiosité étant piquée au vif, il profite de l’absence de son père pour s’essayer à mettre les doigts dans la prise (comme il se doit !). Il associe alors la décharge électrique qu’il ressent à la fessée de son père. Le temps passe et Paul devient lui-même père de famille. Ayant vécu l’expérience de la prise électrique sans l’avoir revisitée en l’analysant a posteriori, il explique à sa fille Julie de 18 ou 20 mois qu’il ne faut pas mettre les doigts dans la prise de courant. Et il ajoute avec les sourcils froncés : « …Parce que dans la prise, il y a ton grand père et sa fessée fait très mal ! »…

Autrement dit cet exemple indique que l’élaboration de notre représentation du réel procède d’un double mouvement :

L’enfant trouve une croyance qui fait sens pour lui dans ce qui est fait et dit par l’entourage. Il adhère au système de croyances qui est sous-tendu.

Il utilise sa propre réflexion enfantine, réelle bien qu’incomplète et manquant de recul critique sur la condition humaine.

Fin de l'épisode 1



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